mercredi 11 octobre 2017

Méricourt 62680 Guerre 1914-1918 Le dernier vestige de la ligne Hindenburg


Lors de la première guerre mondiale Méricourt fut intégré à l'imposant système de défenses qui areçu le nom de " ligne Hindenburg ". Ici l'effort a été d'autant plus attentif que Méricourt se trouvait à quelques kilomètres des collines de Vimy et de Lorette .
Dans la région d'Arras le tracé de la ligne Hindenburg est complexe. Elle est constituée de plusieurs lignes de défenses parallèles et organisées en profondeur et qui se nouaient à Queant :



                                                    Le dernier vestige  (abri bétonné )

A Méricourt, cette disposition et ses caractéristiques se retrouvent. Un fait mérite d'être souligné:l'omniprésence, la densité du réseau défensif allemand. Le territoire de la commune dans son entier est sillonné de tranchées, de boyaux, hérissé de barbelés, truffé de sapes, et d'abris.
A milieu de cette exubérance on peut distinguer trois grands ensembles :

entre les routes de Vimy et  d'Acheville, un premier système de tranchées et de boyaux orientés
au Nord-Ouest  Sud-Est, orientation parallèle au frond. A ce système s'ajoutent sept grands abris
souterrains de dimensions considérables: si leur largeur ne dépasse pas 2 mètres, leur longueur atteint 180 mètres.





En arrière de la route d'Acheville à Rouvroy une large bande de défenses englobe le village de
Méricourt. Le système est constitué d'abris bétonnés qui s'appuient sur les maisons sans doute
fortifiés.
Au Nord-Ouest systéme de défenses étalées en profondeur, existence de "witches", nombreuses
multiciplité des abris répartis sur tout le long des boyaux d'accés. Les tranchées avaient pour
dimensions 2m10 de profondeur pour 1m50 de largeur.

Dans la partie Est , de la commune, le systéme défensif devient plus "lâche", c'est le domaine de
l'artillerie: 47 emplacements. Les élements de tranchées, les abris blindés, servaient de refuges
aux servants.
Pour les allemands Méricourt était considéré comme base arrière largement fortifié.


                        vestige discret se mêlant de nos jours à la végétation et aux labours
                





mardi 3 octobre 2017

Méricourt 62680 Arleux- en- Gohelle lettre d'un soldat Allemand

En 1935, l'association des vétérans juifs d'Allemagne ( Reichsbund judischer Fronsoldaten ) a publié une collection de lettres écrites sur le front entre 1914 et 1918. Les textes émanent de juifs allemands morts au combat. L'objectif de cette association était de lutter, grâce à ce livre,contre un antisémitisme en forte augmentation. Mais en 1935, il était devenu impossible d'honorer les soldats juifs de la première guerre mondiale.

L'auteur de la lettre qui suit est Heinrich Kohn.  Etudiant en en droit né le 26 mars 1894 à Stuttgart, il était lieutenant dans le 2ème régiment d'infanterie de réserve, titulaire de la Croix de fer et de la médaille pour le mérite de Bavière; il est tombé le 26septembre 1918 à Sivry-sur-Meuse. Au début du mois d'octobre 1914 ls troupes bavaroises, dont Kohn faisait faisait partie avaient conquis Douai, Neuvireuil, Bois-Bernard, Méricourt  ensuite elles avancèrent vers  Vimy. En 1915 le régiment de Kohn lutta dans ce secteur.

Arleux-en-Gohelle 20/02/1915

(...) Alors que je parcourais la tranchée qui resplendissait dans le soleil couchant, je remarquai  pour la première fois à dire vrai  la splendeur de ce coin de terre sur lequel depuis de mois une guerre absurde a imprimé un indicible malheur. En toute innocence, la campagne riait, les champs brillaient sous les rayons du soleil  printanier, les gracieuses hauteurs du Mont-Saint-Eloi émergeaient dans le lointain   nimbé d'un voile  (...)



                                                 Les tours du Les tours du Mont-Saint-Eloi
     
                                                
Et pourtant, année après, le paysan poussant sa charrue tombera à chaque pas sur les ossements des morts, d'innombrables projectiles devront être exhumés et confié aux démineurs; et pourtant le sol alentour est comme ensemencé de cuivre, de nickel et de plomb, et le champ miroitant jonché de cadavre rouges et bleus en décomposition ; et pourtant le Mont-Saint- Eloi est hérissé de batteries françaises d'où pleuvent chaque jour sur nous les grenades tant redoutées. C'était un spectacle très singulier, profondément émouvant (...).

                                                             Grenade dans les labours
Sources  Gauheria